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Image de Paul Zoetemeijer

Pourquoi une BD engagée ? L'importance des messages anti-guerre dans la fiction

Dernière mise à jour : 31 août 2025

Depuis les premiers récits mythologiques jusqu’aux œuvres modernes, la fiction a toujours servi de miroir aux sociétés humaines. Elle reflète nos peurs, nos espoirs et nos dilemmes moraux. Parmi les thématiques les plus explorées dans l’histoire de la littérature et de la bande dessinée, la guerre occupe une place centrale. Elle est un sujet fascinant, complexe et tragique, qui nous force à interroger nos valeurs et notre humanité.


Mais pourquoi est-il crucial de raconter des histoires anti-guerre à travers la BD ? Dans un monde où les conflits armés existent toujours, où les discours belliqueux prennent parfois le pas sur la diplomatie, comment une œuvre graphique peut-elle influencer les mentalités et offrir un autre regard sur la violence ?


Dans cet article, nous explorerons comment la bande dessinée est devenue un outil puissant pour sensibiliser aux horreurs de la guerre, en nous appuyant sur des œuvres marquantes telles que Maus, Nausicaä de la vallée du vent et Watchmen. Nous verrons également comment Fables d’Ayeurkissi s’inscrit dans cette tradition en proposant une réflexion unique sur la nature du conflit et la quête d’une paix véritable.



La fiction, un outil puissant de sensibilisation aux conflits

L’histoire humaine est jalonnée de guerres. Si certains conflits ont été documentés par des historiens et des journalistes, d’autres ont été immortalisés à travers des œuvres de fiction. Contrairement aux récits historiques factuels, la fiction a la capacité de nous plonger au cœur de la guerre en nous faisant ressentir les émotions de ceux qui la vivent.


Une BD anti-guerre ne se contente pas de montrer les champs de bataille et les affrontements spectaculaires. Elle s’intéresse aux conséquences de la violence : la perte, le traumatisme, la destruction des sociétés et les dilemmes moraux que les personnages doivent affronter.


L’une des forces du médium de la bande dessinée est son accessibilité. Contrairement à un essai ou un long métrage, elle permet une lecture fluide et immersive, où les images et les mots se complètent pour donner un impact émotionnel fort. Un regard, une expression de peur ou une case silencieuse montrant un paysage dévasté peuvent parfois en dire plus qu’un long discours.

Voyons maintenant comment certaines œuvres ont réussi à traiter le sujet de la guerre de manière percutante.




Trois œuvres marquantes qui dénoncent la guerre

Maus, d’Art Spiegelman : la mémoire de l’Holocauste

Maus est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la bande dessinée moderne. Publiée entre 1980 et 1991, cette œuvre autobiographique raconte l’histoire du père de l’auteur, un survivant de l’Holocauste, en utilisant un style graphique unique où les Juifs sont représentés sous forme de souris et les nazis en chats.


Au-delà de sa forme originale, Maus offre une réflexion puissante sur la mémoire et l’héritage des traumatismes de guerre. L’histoire ne se contente pas de relater les événements historiques, elle nous montre aussi l’impact psychologique qu’ils ont eu sur les générations suivantes.


En racontant la guerre à travers un récit intime et personnel, Spiegelman rappelle que chaque conflit laisse des traces profondes sur les individus et leur descendance.


Maus, d’Art Spiegelman
Maus, d’Art Spiegelman


Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki : une fable écologique et pacifiste


Bien que connu principalement pour ses films d’animation, Hayao Miyazaki a également marqué la bande dessinée avec Nausicaä de la vallée du vent, un manga publié entre 1982 et 1994.


L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique ravagé par des conflits humains et des catastrophes écologiques. Nausicaä, l’héroïne, cherche à comprendre la nature et à apaiser les tensions entre les peuples au lieu de recourir à la violence. Contrairement aux guerriers traditionnels, elle incarne une figure de pacifiste intelligente et courageuse, qui refuse d’accepter la fatalité de la guerre.


L’œuvre de Miyazaki souligne comment l’avidité et l’arrogance humaines ont conduit à la destruction du monde et met en avant un message fondamental : la paix ne peut être obtenue que par la compréhension mutuelle et le respect du vivant.


Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki
Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki

Watchmen, d’Alan Moore et Dave Gibbons : la guerre froide et les dilemmes moraux


Watchmen est une BD culte qui, sous couvert d’un récit de super-héros, interroge le pouvoir, la responsabilité et les conséquences des conflits internationaux. Située en pleine Guerre Froide, l’œuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons met en scène des

personnages qui, bien que dotés de capacités extraordinaires, ne parviennent pas à empêcher la montée des tensions nucléaires.


L’histoire explore la question du sacrifice moral : peut-on justifier une atrocité pour empêcher une guerre encore plus grande ? Le récit remet en cause les justifications habituelles des conflits armés et pousse le lecteur à s’interroger sur la véritable nature du pouvoir et du contrôle.


Grâce à une narration complexe et une esthétique marquante, Watchmen démontre que même les « sauveurs » peuvent être des agents de destruction et que la paix ne peut être imposée par la force.



Watchmen, d’Alan Moore et Dave Gibbons
Watchmen, d’Alan Moore et Dave Gibbons


Fables d’Ayeurkissi : Une nouvelle approche du conflit et de la paix

Dans la lignée de ces œuvres engagées, Fables d’Ayeurkissi propose une réflexion originale sur la guerre et la paix.

L’histoire met en scène un monde en guerre perpétuelle, où différentes factions s’affrontent pour des idéaux contradictoires. Au cœur de cette bataille se trouvent deux personnages emblématiques :

  • P’tite Sophie, une combattante qui pense que la guerre est parfois nécessaire pour instaurer une paix durable.

  • Espièglerie le Moine, un pacifiste convaincu que toute forme de violence ne fait qu’alimenter le cycle de destruction.

Leur opposition est au centre de la question fondamentale du récit : comment arrêter le mal sans soi-même faire le mal ?

Ce qui distingue Fables d’Ayeurkissi des autres récits anti-guerre, c’est son approche stylistique et narrative :

  • Un mélange de manga et de comics américains, qui dynamise les scènes d’action tout en conservant une forte expressivité émotionnelle.

  • Une écriture en rimes et en jeux de mots, qui donne une musicalité particulière aux dialogues et rend les débats philosophiques plus immersifs.

  • Un monde fantastique métaphorique, qui permet d’explorer la nature humaine sans être limité par les références historiques directes.

En abordant la guerre sous un prisme poétique et philosophique, Fables d’Ayeurkissi pousse le lecteur à réfléchir sur les alternatives à la violence et sur les différentes formes de courage.




Pourquoi continuer à raconter des histoires anti-guerre ?

À travers les âges, la fiction a permis de sensibiliser les lecteurs aux dangers de la guerre et aux voies possibles vers la paix. Dans un monde où les tensions restent omniprésentes, ces récits sont plus nécessaires que jamais.

Les œuvres comme Maus, Nausicaä, Watchmen et Fables d’Ayeurkissi ne se contentent pas de raconter des histoires, elles nous poussent à questionner notre propre vision du bien et du mal, de la justice et de la responsabilité.

Nous avons besoin de ces histoires, non seulement pour nous souvenir du passé, mais aussi pour imaginer un avenir où la paix est plus qu’un rêve.

Et vous, quelle œuvre vous a le plus marqué dans sa manière de traiter la guerre et la paix ? Partagez votre avis en commentaire !



 
 
 

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