Le Lion et le Rat : analyse et leçons d’une fable universelle
- Productions d'Ayeurkissi
- 26 août 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 nov. 2025
Pourquoi analyser Le Lion et le Rat ?
La fable Le Lion et le Rat de Jean de La Fontaine est l’une des plus célèbres de la littérature française. Connue pour sa simplicité et sa puissance symbolique, elle met en scène un puissant lion sauvé par un minuscule rat. Derrière cette anecdote animalière se cache une leçon universelle : la solidarité et la reconnaissance dépassent la hiérarchie des forces.
Mais pourquoi cette fable traverse-t-elle les siècles ? Comment un texte aussi court peut-il inspirer encore aujourd’hui les philosophes, les artistes et même les créateurs d’univers comme celui de Fables d’Ayeurkissi ? Cet article propose une analyse complète, à la fois littéraire, philosophique et culturelle, de cette œuvre intemporelle.
Résumé et analyse littéraire de la fable
Le récit en bref
Dans la version de La Fontaine, un lion épargne un rat qu’il tenait à sa merci. Plus tard, ce même lion est pris au piège dans un filet. Le rat, grâce à ses dents, ronge les mailles et libère l’animal. La morale est claire :« On a souvent besoin d’un plus petit que soi. »
Structure et style
La Fontaine utilise des vers courts, un rythme fluide et une narration enlevée. Le contraste entre la grandeur du lion et la petitesse du rat est souligné par la forme même du poème. Cette économie de mots rend la fable mémorable et efficace.
Contexte historique et culturel
La tradition des fables antiques
La Fontaine s’inspire largement d’Ésope, fabuliste grec du VIe siècle av. J.-C. Dans l’Antiquité déjà, les fables mettaient en scène des animaux pour transmettre des leçons de vie. Le choix du lion (force) et du rat (faiblesse) n’est pas anodin : ces figures existaient déjà dans les traditions orales et mythologiques.

La société du XVIIe siècle
Sous Louis XIV, le pouvoir monarchique s’incarne dans le Roi-Soleil, assimilé au lion, roi des animaux. En proposant que même le plus faible puisse sauver le plus fort, La Fontaine délivre un message subtil : l’humilité et la reconnaissance sont nécessaires, même dans une société hiérarchisée.
Héritage universel
La fable a été traduite dans de nombreuses langues et intégrée aux programmes scolaires du monde entier. Elle fait partie du patrimoine mondial et illustre le pouvoir éducatif de la littérature.
Les leçons philosophiques du Lion et du Rat
La force de la solidarité
La première leçon est évidente : nul n’est assez fort pour n’avoir jamais besoin d’autrui. Cette idée rejoint la philosophie humaniste et rappelle des penseurs comme Montaigne, pour qui la fragilité et l’entraide définissent notre humanité.

La relativité du pouvoir
Le lion, symbole de domination, se retrouve impuissant face à un filet. Le rat, insignifiant en apparence, se révèle indispensable. Ce renversement illustre la relativité des forces et l’importance de l’ingéniosité.
Une résonance contemporaine
Aujourd’hui encore, cette leçon est valable : dans nos sociétés globalisées, la collaboration prime sur la force brute. Les grandes puissances dépendent souvent des plus petits acteurs, qu’il s’agisse d’entreprises, de communautés ou même d’individus.
Exemples de dilemmes similaires dans la culture

Littérature
Dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, Frodon, petit hobbit sans puissance physique, porte la responsabilité du destin du monde. Comme le rat, sa petitesse apparente devient sa plus grande force.
Philosophie
Chez Gandhi, la non-violence démontre que les plus faibles peuvent renverser un empire. Cette logique rappelle la morale de la fable : la force ne suffit pas, c’est la persévérance qui libère.

Cinéma
Dans Ratatouille de Pixar, un rat — encore ! — devient le meilleur chef cuisinier de Paris. Cette revalorisation des plus petits fait écho à la leçon de La Fontaine.
Bande dessinée
Dans Astérix, un petit village gaulois résiste à l’Empire romain. L’idée qu’un petit puisse vaincre un grand est universelle et traverse les récits illustrés.
Actualité
Des mouvements citoyens récents montrent que même des communautés modestes peuvent influencer les grandes décisions politiques ou écologiques. Les réseaux sociaux, souvent animés par de “petits” acteurs, renversent parfois des systèmes puissants.
Symboles et interprétations

Le lion
Il incarne la force brute, la royauté, mais aussi la vulnérabilité face aux pièges de l’existence. Dans la tradition chrétienne, il est parfois associé au Christ, parfois au diable, preuve de son ambiguïté symbolique.

Le rat
Souvent méprisé, il incarne l’ingéniosité, la ruse et la discrétion. En Chine, il est le premier signe du zodiaque et symbolise l’intelligence. Dans la fable, il devient l’image de l’humilité récompensée.
Le filet
Ce piège représente la fragilité de la condition humaine : nul, si puissant soit-il, n’est à l’abri des revers du destin.
Parallèles avec Fables d’Ayeurkissi
Dans ton univers, Hermo, l’opposition entre P’tite Sophie et Espièglerie le Moine résonne avec la morale du Lion et du Rat. La petite héroïne, malgré sa jeunesse, accomplit des exploits que les plus grands guerriers échouent à réaliser. Le moine pacifiste, par sa persévérance, prouve que même le plus fragile peut transformer le monde.
Conclusion – Une leçon toujours actuelle
La fable Le Lion et le Rat ne se contente pas de divertir : elle enseigne, questionne et inspire. Elle nous rappelle que la force ne garantit pas la victoire, et que l’humilité, la persévérance et l’entraide sont les vraies clés de la liberté.
Dans un monde marqué par les conflits, cette leçon est plus pertinente que jamais. À travers Fables d’Ayeurkissi, elle prend une nouvelle dimension poétique et philosophique : les plus petits gestes peuvent changer le destin du monde.
À vous, lecteurs : quelle est votre “part de rat” dans ce monde de lions ?
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Sources et ressources complémentaires
Jean de La Fontaine, Fables, édition GF Flammarion.
Esope, Fables, traduction française, Les Belles Lettres.
Gandhi, La Voie de la non-violence, Fayard.
J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, Christian Bourgois.
Documentaire : Jean de La Fontaine, l’homme qui aimait les fables (Arte).
Pixar, Ratatouille (2007).






